Licenciement pour rachat d’entreprise : comprendre le transfert du contrat, les conditions d’un licenciement économique et le calcul des indemnités

L’annonce vient de tomber : votre entreprise est rachetée.

Et la première question qui vous vient, c’est : « Vais-je perdre mon travail ? »

C’est normal. C’est la crainte de tout le monde dans cette situation.

Alors, respirez. La loi est claire sur un point essentiel.
Un rachat d’entreprise ne met pas fin, en soi, à votre contrat de travail.

Il est automatiquement transféré au nouvel employeur. C’est l’article L1224-1 du Code du travail qui le dit.

Concrètement, vous conservez :

  • Votre ancienneté.
  • Votre salaire et vos primes.
  • Votre qualification.

Mais… ne soyons pas naïfs.

Souvent, qui dit rachat, dit réorganisation.
Et c’est là que le risque de licenciement économique apparaît.

Mais attention, on ne peut pas vous licencier sur un coup de tête.
Les règles sont strictes. Les motifs doivent être solides. Et vos indemnités, correctement calculées.

Prenons un exemple concret.

Vous êtes chef d’atelier dans une PME industrielle, avec 8 ans d’ancienneté et des primes trimestrielles. L’entreprise est vendue.
Votre contrat, avec votre ancienneté et vos primes, est transféré au repreneur.

Si une réorganisation supprime votre poste, l’employeur devra prouver la cause économique réelle et sérieuse. Sinon, le licenciement peut être contesté.

Le but de cet article est simple : vous donner les bons réflexes.
Pour sécuriser votre poste, protéger votre rémunération et, si besoin, négocier votre sortie.

On commence.

Transfert des contrats et rachat d’entreprise : ce que ça change (ou pas) pour vous

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On l’a vu plus haut, l’annonce du rachat de votre entreprise, c’est un moment stressant.
On se pose mille questions. La plus grande ? « Est-ce que je vais devoir refaire mon CV ? »

Respirez. La loi est plutôt claire là-dessus. Votre contrat de travail ne s’arrête pas comme ça.
Non, il se transfère automatiquement au nouvel employeur. Point. C’est l’article L1224-1 du Code du travail qui fait foi.

Alors, qu’est-ce que ça veut dire, « transférer automatiquement » ?
Ça veut dire que le jour où le rachat est effectif, vous conservez, sans discussion possible :

  • Votre salaire et tous vos avantages (primes, voiture de fonction, mutuelle, tout !).
  • Votre précieuse ancienneté. Chaque année compte, non ?
  • Votre qualification, celle qui est écrite noir sur blanc sur votre contrat.

En somme, toutes vos conditions contractuelles existantes sont maintenues.
Votre bulletin de paie, votre poste, vos responsabilités… rien ne bouge, du moins pas tout de suite.

Imaginez un instant : Vous êtes développeur senior avec une solide expertise en intelligence artificielle, 7 ans d’ancienneté, un salaire conséquent, et vous télétravaillez deux jours par semaine.
Le repreneur arrive. Eh bien, votre rôle de développeur senior, votre salaire, votre ancienneté et même votre droit au télétravail sont transférés avec vous.
C’est ça, le principe.

Maintenant, une question se pose souvent : et si on essaie de vous forcer la main ?
Une baisse de rémunération, un changement de poste moins intéressant, un déclassement ?

C’est interdit. Le principe de transfert automatique vous protège.
Toute modification « substantielle » de votre contrat, croyez-moi, demande votre accord explicite.
Sans votre signature, rien ne peut changer radicalement.

Alors, quelle est la première chose à faire ? Une petite action rapide, juste pour vous rassurer :

Prenez votre dernier contrat de travail, et votre dernière fiche de paie.
Posez-les sur la table.
Listez, sans oublier un seul détail :

  • Votre intitulé de poste exact.
  • Votre coefficient ou niveau hiérarchique.
  • Votre salaire fixe.
  • Toutes vos primes récurrentes (mensuelles, trimestrielles, annuelles…).
  • Les avantages en nature ou autres (voiture, téléphone, jours de télétravail « d’usage »…).

Gardez ces documents bien à portée de main. Ils sont votre bouclier.
Si un avantage est un peu flou, disons un « usage » comme des horaires aménagés, n’hésitez pas.
Demandez une confirmation écrite de son maintien au nouvel employeur.
C’est simple, c’est votre droit, et ça peut vous éviter bien des tracas par la suite.

Conditions du licenciement post-rachat d’entreprise

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Alors, on l’a vu ensemble juste avant, votre contrat ne s’arrête pas net. C’est une bonne nouvelle, non ?

Vous conservez tout : votre ancienneté, votre salaire, votre qualification. Une stabilité, au moins sur le papier.

Mais la question, la vraie, c’est : « Est-ce qu’ils peuvent me virer quand même ? »
Franchement, c’est la première chose qui nous angoisse dans ce genre de situation. Et c’est normal.

La réponse est claire : un simple rachat d’entreprise, ce n’est PAS un motif suffisant pour vous licencier.

Non, ce n’est absolument pas une cause réelle et sérieuse de licenciement. Ce serait trop simple pour l’employeur, trop injuste pour vous.

Pour qu’un licenciement soit possible, il faut que votre employeur prouve une cause économique précise. Des faits, pas de vagues prétextes. Vous voyez la nuance ?

Qu’est-ce qui est considéré comme une « cause économique » valable ?
En général, on parle de situations très concrètes :

  • Une réorganisation de l’entreprise, indispensable pour « sauvegarder la compétitivité ».
  • Des difficultés financières avérées, pas juste des chiffres un peu moins bons.
  • Ou, parfois, une cessation d’activité d’une partie de l’entreprise.

Mais même si l’une de ces raisons est là, il y a une étape cruciale : le reclassement. Votre employeur doit, obligatoirement, vous proposer des postes compatibles avec vos compétences.

Et il doit chercher partout : dans l’entreprise, bien sûr, mais aussi dans toutes les entreprises du même groupe, s’il y en a. Un effort sincère, vous comprenez ?

Alors, si le nouvel employeur souhaite vous licencier pour motif économique, il doit prouver trois choses, et il ne peut pas en rater une :

  1. L’existence d’une cause économique réelle et sérieuse.
  2. L’impossibilité, après des recherches sérieuses, de vous reclasser sur un autre poste.
  3. Le respect à la lettre de toute la procédure légale.

Concrètement, qu’est-ce que vous devriez voir, et sur quoi devez-vous être vigilant ?

  • Une information-consultation du CSE (le Comité Social et Économique). C’est non négociable si votre entreprise en a un et que vous êtes concerné.
  • Une recherche active de postes disponibles, et surtout, des propositions écrites. Gardez une trace de tout ça !
  • Une lettre de licenciement qui détaille, sans ambiguïté, les motifs économiques exacts de votre départ. Pas de vague, pas de supposition.

Imaginez un instant : vous êtes chef de projet IT, avec une expertise en cybersécurité, et votre entreprise est rachetée.

Le repreneur décide de réorganiser le service, de fusionner deux équipes, et supprime 3 postes similaires au vôtre. Il doit non seulement prouver cette réorganisation, mais aussi vous proposer d’autres postes, même s’ils sont un peu différents, dans le nouveau groupe.

S’il ne le fait pas, ou si sa lettre reste floue, vous avez une faille. Une vraie faille juridique que vous pouvez exploiter.

D’ailleurs, un licenciement économique qui arrive juste après un rachat d’entreprise, ça peut vite sembler un peu… opportuniste, vous ne trouvez pas ?

Oui, ça peut même être jugé abusif par un juge. Surtout si les raisons économiques sont un peu bancales, ou si la recherche de reclassement n’a pas été faite sérieusement. Ça, c’est important à retenir.

Alors, si vous sentez que les choses ne sont pas faites dans les règles, quels sont vos recours concrets ?

  • Demandez, exigez même, la motivation précise de la décision, et toutes les pièces économiques justificatives. C’est votre droit.
  • Saisissez le Conseil de prud’hommes. C’est l’instance qui peut contester le motif, ou carrément la procédure de votre licenciement.
  • Ou, et c’est une option que beaucoup choisissent, vous pouvez négocier une rupture conventionnelle. C’est une sortie à l’amiable, où vous gardez la main.

Une petite parenthèse sur cette fameuse rupture conventionnelle. C’est un outil puissant, vous savez.

Vous avez des entretiens formels, un formulaire spécifique, et surtout, un délai de rétractation. Vous n’êtes jamais piégé. C’est vous qui décidez, au final. Et le gros plus, c’est que ça vous permet de sécuriser l’allocation chômage. Une porte de sortie digne, et financièrement sécurisée.

Action rapide pour vous : Prenez un moment pour réfléchir à votre situation.

Listez mentalement 3 postes dans votre entreprise, ou au sein du groupe, qui vous semblent réalistes pour vos compétences et votre expérience. Des postes où, sincèrement, vous pourriez vous épanouir et être utile.

Ensuite, par écrit, demandez au nouvel employeur s’il a bien cherché des possibilités de reclassement sur ces types de postes avant de prendre sa décision. C’est une façon simple de tester sa bonne foi et de créer une trace écrite. Très utile, croyez-moi.

Dernier point de repère : plus l’entreprise est grande, plus la procédure de licenciement est encadrée et complexe. On parle parfois de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), de critères d’ordre des licenciements (qui part en premier, qui reste), de mesures d’accompagnement…

Dans ces cas-là, chaque étape doit être vérifiée méticuleusement. Une petite irrégularité peut tout changer. Et ça, ça se plaide. C’est votre protection. Votre bouclier.

Calcul des indemnités de licenciement après un rachat d’entreprise

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Alors, on a parlé des transferts de contrats, des conditions pour vous licencier.
Mais si, malgré tout, la décision tombe, la question cruciale, celle qui nous ronge, c’est : « Combien je vais toucher ? »

Parlons clair : comment on calcule cette fameuse indemnité de licenciement si, après le rachat, votre parcours s’arrête ici ?
C’est une question de chiffres, et croyez-moi, chaque euro compte.

Pour un CDI, le calcul se base sur ce qu’on appelle la « rémunération brute ».
Et l’employeur doit prendre la formule la plus avantageuse pour vous. Toujours !

Soit la moyenne de vos salaires sur les douze derniers mois, soit celle des trois derniers mois.

Et attention ! On y inclut toutes vos primes habituelles.
La prime du 13e mois, les variables récurrentes, tout y passe. C’est votre base de calcul, votre point de départ pour l’indemnité.

Ensuite, il y a l’indemnité légale – c’est le minimum imposé par la loi – et parfois, une indemnité conventionnelle, si votre convention collective prévoit mieux.
La règle est simple : on retient toujours le montant le plus élevé, celui qui vous est le plus favorable. Ça, c’est important.

Pour un CDD qui se termine suite à l’opération de rachat, on parle surtout de la prime de précarité.
Elle représente, la plupart du temps, 10 % de la totalité des sommes que vous avez perçues pendant votre contrat.
Parfois, c’est 6 % si un accord de branche le stipule. C’est à vérifier précisément sur votre contrat ou la convention collective applicable.

Et puis, il y a les « petits » plus qui, mis bout à bout, font une sacrée différence.
Ces indemnités complémentaires sont cruciales :

  • Vos congés payés non pris. C’est votre dû, pur et simple.
  • L’indemnité de préavis, si l’employeur vous dispense de le faire.
    C’est un salaire compensatoire, comme si vous aviez travaillé.
  • Et si vous aviez une clause de non-concurrence dans votre contrat, elle vous donne droit à une compensation financière, tant qu’elle est active. C’est une obligation pour l’employeur.

Imaginez un peu : vous êtes responsable commercial depuis cinq ans, avec un salaire fixe, mais aussi des variables, des primes trimestrielles régulières.
Justement, les trois derniers mois incluent une belle prime qui fait grimper la moyenne.

Le calcul sur les trois derniers mois serait nettement plus intéressant pour vous que la moyenne sur douze mois, n’est-ce pas ?
C’est celle-là que l’employeur *doit* retenir. C’est ça, le principe de la base la plus favorable. Ne l’oubliez jamais.

Type de ContratMéthode de Calcul de la BaseExemple Chiffré
CDIMoyenne des 12 derniers mois OU des 3 derniers mois.
L’employeur doit retenir la base la plus favorable pour vous.
Si 3 mois = 3 600 € de moyenne brute, et 12 mois = 3 200 €.
On prendra la base de 3 600 €.
CDIL’indemnité légale ou l’indemnité conventionnelle.
On retient la plus élevée des deux.
Si votre convention collective prévoit une meilleure indemnité que le barème légal, c’est elle qui s’applique. C’est votre droit.
CDILes primes habituelles (13e mois, primes de résultats récurrentes…) sont incluses dans le calcul de la base.Une prime trimestrielle que vous touchez chaque année est considérée comme habituelle. Elle compte.
CDD (fin de contrat post-rachat)La prime de précarité, généralement entre 6 et 10 % du total des rémunérations brutes perçues.Pour 18 000 € bruts perçus sur la durée du CDD, la prime sera de 1 800 € (à 10 %).
Tous contratsIndemnité compensatrice de congés payés non pris.Si 10 jours de congés n’ont pas été pris au moment de votre départ, l’employeur doit vous les payer intégralement.
Tous contratsIndemnité compensatrice de préavis non effectué (si l’employeur vous dispense de le faire).Deux mois de préavis non travaillé ? Vous recevrez deux mois de salaire supplémentaires. C’est aussi simple que ça.
Tous contratsIndemnité pour clause de non-concurrence (si elle est stipulée dans votre contrat et appliquée).Une clause qui vous empêche de travailler chez un concurrent pendant une certaine période vous donne droit à une compensation financière.

Alors, une question revient souvent : et les primes exceptionnelles ?
Celles qui tombent un peu par surprise, un bonus pour un projet unique, par exemple ?

La règle est simple : elles sont incluses seulement si elles sont vraiment habituelles et directement liées à votre poste.
Une prime exceptionnelle, donnée une seule fois pour une performance hors norme, ne rentre pas dans la base de calcul. On veut une base stable, pas des à-coups.

Maintenant, une petite action concrète, juste pour vous :
Sortez vos douze dernières fiches de paie. Oui, les douze !
Prenez votre calculatrice.

Calculez la moyenne de votre salaire brut (plus les primes récurrentes !) sur les douze mois.
Puis, refaites l’exercice sur les trois derniers mois.

Comparez les deux chiffres. Lequel est le plus élevé ? Gardez-le précieusement.
Vous aurez une estimation solide de ce que l’employeur *doit* prendre comme base. Et vous pourrez challenger ses chiffres s’ils ne correspondent pas aux vôtres. C’est ça, prendre le contrôle de votre situation.

Un autre cas de figure : vous êtes assistant(e) RH en CDD de 9 mois. Votre rémunération totale sur cette période s’élève à 21 600 euros bruts.
Si votre convention prévoit une prime de précarité à 10 %, ça vous fait déjà 2 160 euros.

Ajoutez-y les éventuels congés payés que vous n’avez pas pris, et peut-être des heures supplémentaires restantes à payer.
Chaque ligne de votre dernier bulletin de paie est importante.

N’oubliez jamais ça : un rachat d’entreprise n’est pas un chèque en blanc; pour découvrir tous les aspects du rachat et approfondir le sujet, consultez notre guide complet sur le rachat d’entreprise.
Vos droits sont maintenus, comme nous l’avons vu plus tôt. Vos primes habituelles comptent.
Et la base de calcul pour vos indemnités ? Elle doit toujours être la plus juste, la plus favorable pour vous. C’est votre argent, votre sécurité, après tout.

Guide étape par étape pour anticiper un licenciement en rachat d’entreprise

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Bon, nous avons déjà bien décortiqué les bases, n’est-ce pas ?
Vous savez maintenant que votre contrat de travail est automatiquement transféré au repreneur, et que le licenciement économique obéit à des règles très strictes.

Mais la vraie question, une fois l’annonce du rachat faite, c’est : « Concrètement, qu’est-ce que je fais, là, maintenant ? »
Pas de panique. Je vais vous donner les étapes, claires et nettes, pour vous armer.

C’est comme une feuille de route, vous voyez. Simple. Concret. À mettre en œuvre dès aujourd’hui.

1. L’annonce du rachat : votre première action immédiate

Dès que le rachat est officiel, voici votre réflexe numéro un : sortez vos documents clés.
Votre contrat de travail original, vos douze dernières fiches de paie, et la convention collective applicable à votre entreprise.

Ces papiers, ce sont vos fondations. Votre preuve de ce qui existe et de ce qui vous est dû.

Maintenant, prenez une feuille, ou un fichier sur votre ordinateur, et notez tout, absolument tout :

  • Votre salaire brut de base (et sa moyenne sur 12 mois, sur 3 mois, comme nous l’avons vu précédemment).
  • Toutes vos primes habituelles : 13e mois, primes d’objectif récurrentes, intéressement, participation… tout ce qui n’est pas « exceptionnel ».
  • Votre date d’embauche. C’est votre ancienneté, précieuse pour les indemnités.
  • Votre qualification exacte et votre intitulé de poste.
  • Et n’oubliez pas les avantages en nature ou les « usages » de l’entreprise : voiture de fonction, mutuelle, jours de télétravail établis, horaires spécifiques.

Un point vous semble flou ? Un avantage dont vous n’avez pas de trace écrite ?
Demandez une confirmation écrite de son maintien au nouvel employeur. Un simple email peut suffire, mais gardez-le précieusement. C’est votre preuve, votre filet de sécurité.

2. Vérifier que vos droits acquis sont bien maintenus

La question qui brûle les lèvres : « Est-ce qu’ils peuvent baisser ma rémunération, ou changer mon poste du jour au lendemain ? »
Non, formellement non. Comme nous l’avons vu dans la section sur le transfert de votre contrat, le transfert automatique vous protège.

Votre salaire, votre ancienneté, votre qualification, rien de tout ça ne peut être modifié sans votre accord explicite. C’est la loi.

Une fois le rachat effectif, la première chose à faire est de comparer méticuleusement votre tout premier bulletin de paie du nouvel employeur avec le dernier de l’ancien.
Chaque ligne. Chaque chiffre. Est-ce que tout y est ?

S’il manque une prime, si votre intitulé de poste est modifié ou si votre salaire a bougé sans que vous ayez signé un avenant… mettez les choses au clair.
Écrivez immédiatement aux Ressources Humaines pour signaler la différence et demander une rectification. Une trace écrite, encore et toujours. C’est votre bouclier.

3. Repérer les signaux d’alerte d’un éventuel licenciement économique

Après le maintien des droits, l’étape suivante est la vigilance. Il faut savoir lire entre les lignes, anticiper.
Votre antenne doit capter ces 4 signaux concrets :

  • Un projet de réorganisation majeure ou de fusion d’équipes est annoncé. Vous en entendez parler, ou c’est communiqué au CSE (Comité Social et Économique). C’est souvent le prélude à des suppressions de postes.
  • L’entreprise (ou le groupe) traverse une période de difficultés financières avérées : baisse d’activité chiffrée, pertes récurrentes, fermeture d’un site. Pas juste une année « moins bonne », mais une vraie tendance.
  • On commence à parler de « doublons » de postes. Votre fonction, ou une fonction similaire à la vôtre, est listée comme potentiellement superflue.
  • Un silence radio assourdissant sur le reclassement interne. Aucune information, aucune proposition écrite, alors que vous savez que des postes existent dans d’autres entités du groupe.

Si vous voyez ces drapeaux rouges, ne restez pas passif.
La question est alors : « Que dois-je demander si ces signaux se confirment ? »

Réponse : exigez les pièces économiques justifiant une telle situation, le plan de reclassement envisagé et la liste exhaustive des postes ouverts au sein de toutes les entités du groupe. C’est votre droit absolu, et ça met l’employeur face à ses obligations légales.

4. Les recours et la consultation d’experts : vos options face à une situation délicate

Malgré toutes vos précautions, la situation s’envenime. La procédure de licenciement s’enclenche, ou pire, elle déraille.
Sachez que vous avez des cartes à jouer. Vous n’êtes pas seul, et des solutions existent :

  • Saisir le Conseil de prud’hommes : C’est l’instance pour contester le motif économique de votre licenciement, ou la procédure elle-même. Si le motif n’est pas « réel et sérieux », ou si les règles n’ont pas été suivies, vous avez de fortes chances.
  • Négocier une rupture conventionnelle : C’est une sortie « à l’amiable », mais qui vous permet de garder la main sur les conditions de votre départ. Vous pouvez négocier le montant de vos indemnités sur une base plus solide, comme nous l’avons évoqué juste avant.
  • Faites-vous assister : Ne restez jamais seul face à une procédure complexe. Un avocat spécialisé en droit du travail ou les représentants du personnel (le CSE) peuvent vérifier chaque étape, vous conseiller, et s’assurer que vos droits sont respectés. C’est un investissement pour votre sécurité future.

Prenons un exemple concret, pour que ce soit bien clair.
Imaginez : vous êtes responsable logistique depuis six ans dans une entreprise qui vient d’être rachetée.
Un matin, un email interne annonce la fusion des entrepôts et la suppression de cinq postes, dont le vôtre est un « doublon ».

Votre réflexe ? Écrivez par retour de mail pour demander la liste détaillée de tous les postes disponibles, non seulement dans votre entreprise, mais aussi dans toutes les filiales du nouveau groupe, même celles à l’étranger si cela vous intéresse.
S’ils ne vous proposent rien de sérieux, ou s’ils ne répondent pas, vous venez de créer une preuve précieuse. Une preuve qui montre qu’ils n’ont pas rempli leur obligation de reclassement.

C’est une faille juridique pour eux, une force pour vous si vous devez contester.

Votre mini-checklist personnelle, à faire tout de suite :

Pour vous sentir un peu plus serein, vérifiez ces points :

  • Mes bulletins de paie des douze derniers mois sont bien archivés et accessibles.
  • J’ai une description de mon poste et de mes missions, à jour.
  • J’ai en tête (ou sur papier) au moins trois postes de reclassement qui seraient crédibles pour mes compétences, au sein du nouveau groupe.
  • J’ai un email (ou un écrit) confirmant le maintien de mes avantages et de mes conditions de travail, surtout si elles étaient un peu « floues » avant.

Se préparer, c’est être plus fort.
C’est ça, prendre les devants et ne pas subir une situation aussi stressante qu’un licenciement pour rachat d’entreprise.

FAQ

Q: Quels sont mes droits si mon employeur vend l’entreprise ?

A: Précision = tp/(tp+fp). Rappel = tp/(tp+fn). Vos contrats sont transférés automatiquement (Article L1224-1). Salaire, ancienneté, qualification et avantages restent identiques. Vos congés et RTT suivent aussi. Aucune rupture automatique.

Q: Peut-on refuser de travailler pour le repreneur ou demander une rupture conventionnelle ?

A: Précision = tp/(tp+fp). Rappel = tp/(tp+fn). Le refus n’est pas un droit en soi, le contrat suit. Vous pouvez proposer une rupture conventionnelle, uniquement d’accord commun, avec indemnité et délai de rétractation.

Q: Le rachat permet-il un licenciement économique et lequel s’applique ?

A: Précision = tp/(tp+fp). Rappel = tp/(tp+fn). Le rachat seul n’est pas un motif. Un licenciement économique est possible si difficultés, réorganisation ou cessation d’activité sont prouvées, avec procédure, priorité de réembauche et plan si seuils.

Q: Comment sont calculées les indemnités de licenciement après un rachat ?

A: Précision = tp/(tp+fp). Rappel = tp/(tp+fn). En CDI, base sur la moyenne la plus favorable 12 ou 3 mois, primes incluses. Ajoutez préavis, congés non pris, non-concurrence. En CDD, prime de précarité 6 à 10 pour cent.

Q: Le repreneur peut-il modifier mon contrat ou ne pas reprendre les salariés ?

A: Précision = tp/(tp+fp). Rappel = tp/(tp+fn). Les clauses essentielles ne changent pas sans votre accord. En cession de fonds, le transfert des salariés du service autonome s’impose. Hors champ, absence de reprise possible, avec droits associés.

Conclusion

Alors, que faut-il vraiment retenir de tout ça ?

C’est simple, et c’est crucial pour vous : un rachat d’entreprise n’éteint pas votre contrat de travail. Non, pas du tout. Vos droits, eux, vous suivent. Ils sont transférés, comme un bagage que personne ne peut vous enlever. C’est la loi.

Et si, malgré tout, un licenciement arrive après ce rachat ?
Il ne peut pas tomber de nulle part, croyez-moi. Il doit être fondé sur des motifs économiques réels et sérieux. Des motifs qu’on peut vérifier, preuves à l’appui. Ce n’est pas au bon vouloir du nouvel acquéreur, non.

Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire pour vous ?

  • Votre salaire ? Il est maintenu.
  • Votre ancienneté ? Elle continue de courir.
  • Votre qualification ? Elle reste la même.

Le nouvel employeur n’a pas les mains libres, loin de là. Il doit
justifier chaque suppression de poste, respecter un ordre de licenciement précis et, surtout, vous proposer un reclassement. Et si le licenciement est inévitable, il doit vous verser toutes les indemnités dues, comme prévu par votre contrat.

Mais attention, ne restez pas seul face à ces situations. C’est votre emploi, votre avenir, après tout.
Vous devez agir. Calculez vos indemnités de licenciement.
Vérifiez tout : vos primes, vos congés non pris, votre clause de non-concurrence si vous en avez une.
Prenez le temps d’analyser, de comprendre.

Un doute sur la procédure ? Sur ce fameux motif économique ?
Ne perdez pas de temps.
Parlez-en à un avocat spécialisé en droit du travail ou à un défenseur syndical. Vite.
Vos délais d’action sont précieux, et ils courent.

Pour avancer, voici 3 actions immédiates que vous pouvez faire, là, maintenant :

  1. Rassemblez vos documents clés : vos bulletins de salaire, votre contrat de travail, tous les avenants que vous avez signés et votre fiche de poste la plus récente. C’est votre dossier personnel.
  2. Notez précisément : toute modification imposée par le nouvel employeur après le rachat. Chaque date, chaque détail compte.
  3. Demandez par écrit : les motifs précis de votre éventuel licenciement et la liste des postes de reclassement qui vous sont proposés. Pas d’oral, que de l’écrit pour les traces.

En un mot : oui, un rachat peut secouer l’organigramme, changer des habitudes. Mais il ne doit jamais piétiner vos droits de salarié. Si vous êtes face à un licenciement pour rachat d’entreprise, soyez vigilant. Vérifiez le motif, la procédure, et bien sûr, le montant de vos indemnités. Ne signez rien sans avoir tout contrôlé.
Votre protection, c’est votre information.

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