Une clause GPL oubliée dans votre code.
Et c’est une vente à 20 millions qui peut s’effondrer.
Oui, juste à cause d’une seule dépendance open source.
Ce n’est pas un scénario catastrophe. C’est une réalité.
Alors, oubliez le simple « audit de conformité ».
Ici, on ne coche pas des cases.
On parle de due diligence juridique – découvrez les enjeux des licences logicielles open source pour VRAIMENT protéger votre deal.
L’objectif est simple :
- Éviter les risques viraux qui peuvent contaminer votre propriété intellectuelle.
- Maîtriser la différence entre une licence copyleft (qui peut vous forcer à ouvrir votre code) et une licence permissive (bien plus souple).
- Et surtout, sécuriser vos opérations de M&A et vos levées de fonds.
Dans cet article, on vous montre comment structurer votre analyse, quoi vérifier, et quels outils utiliser. Pour que votre deal aille au bout. Sans mauvaise surprise.
Comprendre les risques juridiques des licences open source dans la due diligence juridique

Après avoir posé les bases, il est temps de plonger dans le vif du sujet : ce qui peut vraiment vous faire mal.
Vous vous demandez sûrement : « Quelle est la vraie différence entre ces fameuses licences copyleft et les licences permissives ? Et pourquoi ça devrait me préoccuper ? »
C’est une excellente question.
En fait, c’est assez simple :
Une licence copyleft, la plus connue étant la GPL, c’est un peu un contrat de « donnant-donnant ».
Si vous utilisez un logiciel sous GPL, le code que vous développez à partir de celui-ci — ou en le modifiant — doit lui aussi être partagé. C’est le principe de la réciprocité.
En clair ? Vous êtes obligé d’ouvrir vos propres sources dérivées.
À l’opposé, les licences permissives (comme la MIT ou l’Apache 2.0) sont bien plus souples.
Elles vous donnent le droit d’intégrer ce code, de le modifier, et de le garder bien au chaud, en tant que propriétaire.
La seule petite contrainte, généralement, c’est de conserver la notice de copyright.
C’est tout. Rien de plus.
Maintenant, parlons du cauchemar de tout dirigeant : la licence virale.
Vous avez déjà entendu parler de « code qui contamine » ? C’est exactement ça.
Une licence virale est une licence copyleft dont l’obligation de partage s’étend au code avec lequel elle est « combinée ».
Elle peut, littéralement, forcer l’ouverture d’un module qui était initialement propriétaire.
Imaginez un instant le scénario. Vous êtes sur le point de vendre votre entreprise, une PME rentable avec une solution SaaS innovante dans le secteur de la paie.
Votre service back-office, le cœur de votre propriété intellectuelle, utilise une petite bibliothèque PDF.
Une « simple » librairie sous GPLv3, liée de manière statique à votre code.
L’acheteur arrive avec ses avocats et, pendant la due diligence juridique open source, ils découvrent cette dépendance.
Le choc est immédiat. Leur grande crainte ? Devoir publier tout votre back-office.
Un risque de fuite de votre propriété intellectuelle inacceptable.
Résultat : l’offre est suspendue. Ou alors, une décote monumentale est imposée, qui ruine des mois de travail acharné.
C’est une situation vécue, une de celles qui peuvent faire dérailler les plus belles transactions.
Alors que, si cette même librairie avait été sous licence MIT, par exemple ?
Vos droits auraient été préservés.
La propriété intellectuelle serait restée intacte.
Et la transaction aurait pu se dérouler sans accroc.
C’est précisément pour ces situations critiques que des conseils experts deviennent si précieux.
Chez VT Corporate Finance, nous savons identifier ces risques cachés bien avant qu’ils ne menacent la valeur de votre entreprise.
Notre rôle est de vous guider à travers ce labyrinthe juridique pour que votre deal se fasse dans les meilleures conditions.
Comment savoir si vous êtes exposé à ces risques ?
C’est la question à un million. Pour y répondre, vous devez regarder trois choses.
D’abord, le type de couplage : est-ce une liaison statique, dynamique, ou juste une API ?
Ensuite, la licence exacte de chaque composant.
Enfin, les conditions de redistribution spécifiques à cette licence.
Pour vous donner une idée rapide, voici un petit pense-bête :
- Copyleft fort : Les licences comme la GPLv2 ou GPLv3. Leur effet s’étend au code combiné. Attention danger !
- Copyleft faible : La LGPL (Lesser General Public License). Souvent acceptable si le lien est dynamique, car elle est moins contraignante.
- Permissives : MIT, BSD, Apache 2.0. Ce sont les plus souples. L’Apache 2.0 offre même une protection sur les brevets, ce qui n’est pas rien.
Une action concrète que vous pouvez entreprendre dès maintenant ?
Ouvrez votre SBOM (Software Bill of Materials – la liste complète de tous vos composants logiciels).
Repérez toutes les dépendances sous licence GPL, surtout celles qui se trouvent dans les parties les plus stratégiques de votre code.
Évaluez ensuite comment ce composant est intégré : est-ce un simple lien ? Est-il distribué ? Ou est-ce un service SaaS pur ?
Il y a une subtilité cruciale à comprendre, surtout si vous opérez en SaaS.
Dans un modèle SaaS « pur », il n’y a techniquement pas de distribution de binaire.
Mais attention : la licence AGPL (Affero General Public License), elle, étend cette obligation de partage via l’accès réseau.
C’est-à-dire que même si vous ne distribuez pas votre logiciel, un simple accès réseau à votre service pourrait vous obliger à exposer votre code.
Vous voyez l’impact que cela peut avoir sur votre propriété intellectuelle ? C’est énorme.
Et pour la petite anecdote sur l’Apache 2.0 : en plus de sa souplesse, elle inclut une licence de brevets du contributeur.
Un petit détail qui vous permet de dormir un peu plus tranquille concernant d’éventuels litiges.
Quand je me penche sur une due diligence, je cible deux choses en priorité :
Les licences virales et les zones de code qui représentent le cœur de la valeur de l’entreprise.
Si l’une touche l’autre, le risque pour le deal est immédiat, palpable, et il faut agir vite.
C’est là qu’un accompagnement comme celui que nous proposons chez VT Corporate Finance fait toute la différence.
Nous identifions, nous anticipons, et nous vous aidons à neutraliser ces menaces pour que votre transaction reste sur les rails. Vous avez bien d’autres choses à gérer, après tout.
Les étapes clés d’une due diligence juridique open source réussie

Maintenant, vous savez pourquoi il faut faire attention aux licences. On a parlé du « coup de froid » d’une licence virale dans une transaction, pas vrai ?
Alors, comment fait-on, concrètement ?
Quelles sont les étapes pour s’assurer que votre code ne cache pas de mauvaises surprises avant une vente ou une levée de fonds ?
Je vais vous donner ma méthode, celle qui marche. Cinq étapes claires. Pas une de plus.
C’est une feuille de route pour sécuriser votre propriété intellectuelle. Et votre deal, par la même occasion.
1) L’inventaire de toutes vos dépendances
Première chose : vous devez voir tout ce qui compose votre logiciel.
Absolument tout. C’est ce qu’on appelle le SBOM (Software Bill of Materials).
Imaginez que c’est l’étiquette de tous les ingrédients de votre produit. Chaque composant, chaque librairie, chaque petit bout de code que vous n’avez pas écrit vous-même.
Comment faire ?
Utilisez des scanners de code. Des outils comme Syft, Trivy, FOSSA, Snyk ou WhiteSource.
Ils vont fouiller partout.
Lancez-les sur vos dépôts de code (là où vous stockez tout), sur votre CI (Continuous Integration, là où le code est construit automatiquement), et même sur vos images Docker.
N’oubliez rien. Les librairies front-end, back-end, celles pour vos applications mobiles, et surtout, les binaires embarqués.
Oui, même ce petit bout de code système qui paraît anodin. Il compte.
2) L’analyse de chaque licence détectée
Une fois l’inventaire fait, vous avez une liste de composants.
Maintenant, il faut regarder la licence de chacun.
Vous vous souvenez des licences copyleft et permissives dont on parlait tout à l’heure ?
C’est ici qu’on les identifie pour chaque élément de votre SBOM.
Regardez le type de lien (est-ce que votre code est lié directement ou dynamiquement à ce composant ?), la manière dont il est distribué (est-ce qu’il est vendu avec votre logiciel ou juste utilisé en interne ?), et s’il y a des clauses additionnelles.
L’action à mener ?
Classez tout ça. Du plus critique au plus souple :
- Les copyleft forts : Ce sont les GPLv2 ou GPLv3. Là, on alerte tout de suite.
- Les copyleft faibles : La LGPL. Souvent, ça passe si le lien est dynamique.
- Les permissives : Les licences comme MIT, BSD, Apache 2.0. Généralement, pas de souci majeur.
Ajoutez le contexte d’utilisation.
Est-ce que votre solution est en SaaS ? Vendu on-premise (installé chez le client) ? Un SDK (kit de développement) que vous distribuez ?
Le risque n’est pas le même.
3) La vérification de la conformité
Là, on passe à la loupe. Vous comparez les obligations de chaque licence avec la façon dont vous utilisez réellement le code.
Par exemple, avez-vous bien mentionné la source (l’attribution) ?
Avez-vous inclus toutes les notices de copyright ?
Si vous contribuez au code, avez-vous signé un DCO (Developer Certificate of Origin) ?
Et surtout, attention à l’AGPL si votre service est accessible via une API. Ça peut devenir très vite un casse-tête si vous ne le gérez pas bien.
Un conseil :
Créez une simple grille, un tableau. Pour chaque composant, notez les obligations de sa licence, votre statut actuel, et les écarts éventuels.
Les preuves ? Le fichier LICENSE, le NOTICE, les entêtes de code, la documentation. Tout ce qui fait foi.
4) Le plan de remédiation
Bon, vous avez trouvé un problème. Pas de panique. Il y a des solutions.
Vous avez trois leviers principaux : remplacer, isoler, ou vous mettre en conformité.
Remplacer :
Si une bibliothèque sous GPL est trop risquée, cherchez un équivalent sous MIT ou Apache 2.0. C’est souvent la solution la plus simple à long terme si le changement n’est pas trop lourd.
Isoler :
Vous pouvez transformer un module problématique en un service séparé.
Ou utiliser un lien dynamique plutôt que statique.
Ou le faire consommer uniquement par API.
L’idée, c’est de créer une barrière pour que la licence « virale » ne se propage pas à tout votre code propriétaire.
Se mettre en conformité :
Parfois, il suffit d’ajouter les bonnes notices, de publier les modifications requises de votre côté, ou d’obtenir une exception auprès du propriétaire de la licence.
5) Le rapport de due diligence
C’est la pièce maîtresse. Le document que liront les investisseurs ou les acheteurs.
Il doit être clair, précis, et surtout, rassurant.
Ce rapport doit lister les risques majeurs que vous avez identifiés, les preuves que vous avez collectées, les actions que vous avez mises en place (ou que vous prévoyez de faire), les délais, et le coût si c’est applicable.
Comment le structurer ?
Un tableau de risques, avec un plan d’actions daté.
Et en annexes : votre SBOM complet, les logs des scans, et les « patchs » que vous avez appliqués.
Pour vous donner une idée plus concrète de ce à quoi ça ressemble, voici un petit aperçu :
| Étape | Ce que vous devez obtenir | Vos outils / Vos preuves |
|---|---|---|
| Inventaire | Un SBOM complet, la liste exhaustive de vos composants. | Les rapports des scanners (Syft, Snyk), la liste de toutes les dépendances. |
| Analyse | Un typage clair des licences (copyleft, permissives). | Des matrices de licences, la description des modes de lien (statique, dynamique). |
| Conformité | Tous les écarts documentés entre obligations et votre usage. | Des captures des fichiers LICENSE/NOTICE, la preuve des DCO. |
| Remédiation | Un plan d’actions détaillé pour chaque risque. | Votre backlog (liste de tâches), les Pull Requests (modifications de code), les délais fixés. |
| Rapport final | Une note de risques synthétique et compréhensible. | Un résumé exécutif, avec en annexe le SBOM complet et les logs. |
Imaginez, vous êtes dirigeant d’une PME spécialisée en SaaS RH.
Vous préparez une levée de fonds en Série A. Le scan de votre code révèle un module sous licence AGPL dans le cœur de votre moteur de paie. Un vrai coup de froid.
Le risque est que vous soyez contraint de publier une partie de votre code. Inimaginable !
Qu’est-ce qu’on fait ?
Rapidement, la décision est prise : isoler ce module en un microservice interne. Plus de distribution directe.
On documente précisément l’accès réseau pour prouver que l’obligation de l’AGPL n’est pas déclenchée.
En même temps, on s’assure que toutes les notices légales sont ajoutées, que le DCO (Developer Certificate of Origin) est en ordre, et on prévoit un plan de remplacement de ce composant sous 30 jours, histoire d’être totalement à l’abri.
Résultat ? Le risque est reclassé de « élevé » à « modéré ». Les investisseurs sont rassurés. Et la term sheet (les conditions de l’investissement) est maintenue.
C’est ça, la puissance d’une due diligence bien menée.
Une petite astuce, très pratique :
Branchez votre scanner directement dans votre CI (votre chaîne d’intégration continue).
Pour chaque nouvelle version de votre code, un scan est lancé.
Ça évite les surprises, les « régressions » (un ancien problème qui réapparaît) et quand vous arrivez en data room (la pièce où sont partagés les documents confidentiels), vous avez des preuves toutes fraîches, ça ne s’improvise pas.
Et n’oubliez pas : scannez aussi vos images Docker et tous les artefacts CI.
Pourquoi ? Parce que ces couches embarquent souvent des librairies système avec leurs propres licences.
Un oubli à ce niveau, et hop, un risque réapparaît en production, sans que vous le sachiez.
Dernier point essentiel : nommez un responsable interne pour ce sujet.
Quelqu’un qui garde la liste des dépendances à jour, qui alerte en cas de risque, et qui valide les modifications de code pour s’assurer qu’aucun nouveau problème ne soit introduit.
Gérer tout ça, c’est une sacrée charge mentale, non ?
Entre la gestion de votre entreprise, les négociations et l’opérationnel, difficile d’être partout.
C’est précisément là qu’un cabinet comme VT Corporate Finance devient un atout maître.
Nous prenons en charge cette complexité, nous identifions ces points sensibles bien avant qu’ils ne mettent en péril votre valorisation ou la sécurité de votre transaction.
Notre objectif, c’est que vous puissiez vous concentrer sur votre business, pendant que nous sécurisons le chemin vers votre réussite, que ce soit pour une cession d’entreprise, une acquisition, ou une levée de fonds.
Nous structurons l’opération de A à Z, pour un processus fluide et sans accroc.
Alors, si vous avez le moindre doute, si vous voulez vous assurer que votre deal se déroule sans mauvaise surprise, ou simplement en parler avec quelqu’un qui connaît ces situations par cœur :
Prenez un moment pour échanger avec nous.
C’est sans engagement, et vous n’avez absolument rien à perdre, mais tout à gagner : la tranquillité d’esprit et la certitude de faire aboutir votre projet dans les meilleures conditions.
N’attendez pas que le risque devienne un problème.
Discutons-en dès maintenant : Contactez VT Corporate Finance
Checklist pour auditer les logiciels open source et sécuriser votre transaction

Alors, combien de points essentiels faut-il vraiment vérifier pour être sûr que votre code est nickel chrome, surtout quand un deal important se profile ?
On parle d’au moins cinq points clés, croyez-moi. Cinq, c’est le minimum pour dormir tranquille.
Je vous donne ma checklist personnelle, celle qui m’a sauvé plus d’une transaction.
Prenez-la. Imprimez-la. Cochez-la, point par point.
L’idée ? Que vous n’ayez absolument aucun angle mort, zéro surprise, quand il s’agit de la conformité open source de votre logiciel.
Licences identifiées et classées
Chaque dépendance de votre SBOM (on en parlait juste avant, souvenez-vous) doit avoir sa licence clairement identifiée. Sans exception.
Vous vous rappelez des licences copyleft (les « virales » qui veulent tout ouvrir) et des licences permissives (les plus souples) ?
Classez chaque composant dans ces catégories. C’est la base.
Vos preuves ? Les fameux fichiers LICENSE et NOTICE. Ils ne mentent jamais.Compatibilité avec votre code propriétaire
C’est LA question qui peut tout faire capoter : une GPL (licence copyleft forte) liée de manière statique à votre cœur de code propriétaire, est-ce acceptable ?
Non. Absolument pas. C’est un risque énorme de devoir publier des pans entiers de votre propriété intellectuelle.
Vérifiez bien le type de lien (statique ? dynamique ? est-ce juste une API ?) et le mode de distribution (SaaS ? On-premise ?).Versions et vulnérabilités connues
Qui veut des failles de sécurité dans son produit, surtout juste avant une vente ou une levée de fonds ? Personne.
Cartographiez toutes les versions de vos composants open source et les CVE (Common Vulnerabilities and Exposures, des failles connues publiquement) que vos scanners ont pu détecter.
Vous avez les dates ? La criticité de chaque faille ? Les correctifs disponibles ?
L’action, c’est un plan de patch immédiat ou un remplacement pur et simple du composant problématique.Documentation des contributions
Quand des développeurs contribuent à un projet open source, il faut une trace. Une vraie.
Contrôlez la traçabilité des Pull Requests (PR, les propositions de modification de code) et l’identité des auteurs.
Y a-t-il un DCO (Developer Certificate of Origin) ou un CLA (Contributor License Agreement) signé quand c’est requis ?
Ces documents sont là pour prouver que les contributions sont légitimes. Regardez aussi les en-têtes de vos fichiers et les attributions. Tout doit être clair.Intégrité du code
Comment prouver que le logiciel que vous distribuez, le binaire, correspond bien aux sources que vous avez déclarées ?
C’est une question de confiance.
La réponse ? Des hashs reproductibles (une sorte d’empreinte digitale unique du code) et les logs de votre CI (Continuous Integration, le système qui construit votre code automatiquement).
Demandez les signatures, assurez-vous que votre build est reproductible, et que tous les logs de vos artefacts sont là. C’est la preuve que rien n’a été modifié en douce.Dépendances transitives
C’est un peu le risque caché, celui qu’on oublie souvent. Vous savez, les bibliothèques de vos bibliothèques.
Le risque se niche souvent là. Ce sont des composants que vous n’avez pas directement ajoutés, mais qui sont embarqués par d’autres.
Scannez-les, toutes. Et gardez un arbre de dépendances bien horodaté. Il vous sera utile, je vous le garantis.AGPL et accès réseau
Si votre service est exposé via le web ou une API, souvenez-vous de la licence AGPL (Affero General Public License), dont on a parlé précédemment.
Elle étend l’obligation de partage même si vous ne distribuez pas votre logiciel, mais que vous le mettez à disposition sur un réseau.
Vérifiez bien l’effet de l’AGPL sur votre architecture. Documentez précisément comment votre code est isolé si c’est le cas. Ça, ça peut tout changer.Politique interne open source
Avez-vous une politique open source écrite ? Quelque chose de clair que tout le monde connaît en interne ?
Ça, c’est la meilleure protection à long terme.
Un processus d’approbation pour l’utilisation de nouvelles licences, une liste blanche (ce qui est autorisé) et une liste noire (ce qui est interdit), et des revues légales régulières.
C’est une preuve de sérieux face à un acquéreur ou un investisseur.
Imaginez, vous êtes dirigeant d’une scale-up FinTech en mode SaaS. Votre cœur de métier, c’est la finance. La sécurité, la propriété de votre code, c’est vital.
Et là, un module de reporting utilise une bibliothèque AGPL, accessible via votre API. Un frisson, pas vrai ?
L’action ? Immédiate.
On isole ce module en un microservice interne. Finie la distribution directe.
On loggue précisément chaque échange réseau pour prouver que l’obligation de l’AGPL n’est pas déclenchée.
Et bien sûr, toutes les notices légales sont mises à jour. On prévoit un plan de remplacement de ce composant sous 30 jours, juste pour être absolument à l’abri.
Le deal ? Il est protégé. Votre valorisation aussi.
Pour vous aider à garder une trace de tout ça, voici un modèle de tableau simple, un vrai suivi opérationnel :
| Composant | Licence | Usage | Risque | Preuve | Action | Échéance |
|---|---|---|---|---|---|---|
| pdf-lib | GPLv3 | Liaison statique | Élevé (Publication forcée) | Fichier LICENSE, logs CI | Remplacer par équivalent MIT | J+15 |
Un petit exercice, là, maintenant ?
Ouvrez votre dernier build CI (l’environnement où votre code est assemblé).
Comparez la liste des dépendances avec les fichiers LICENSE qui sont embarqués dans le produit final.
Si une licence manque, ou si elle ne correspond pas, notez-la tout de suite dans votre plan d’actions.
Une coche de plus. Et un risque en moins. C’est ça, la tranquillité d’esprit.
Outils et méthodes pour réaliser une due diligence juridique open source

Alors, comment faire pour scanner toutes vos dépendances logicielles sans y laisser vos nuits ?
La réponse est simple : vous utilisez des scanners de code open source. Et surtout, vous les connectez directement à votre CI (votre chaîne d’intégration continue, le système qui construit votre logiciel).
Ça, c’est la base pour avoir un SBOM (un « Software Bill of Materials », la liste complète de tous les composants de votre code) fiable, à chaque fois que vous lancez un « build » (une nouvelle version de votre logiciel).
Pour ma part, je mise sur un duo très efficace.
Syft pour créer le SBOM, et Grype ou Trivy pour débusquer les vulnérabilités et surtout, repérer les licences qui pourraient vous causer des soucis.
Ces outils, ce sont vos yeux et vos oreilles dans le code.
Mais peut-être que vous gérez une équipe plus importante.
Vous avez besoin d’une vision d’ensemble, d’un tableau de bord clair pour tout le monde, y compris vos futurs investisseurs ?
Alors, des plateformes comme Snyk, FOSSA ou WhiteSource (maintenant Mend) peuvent vous aider.
Elles ajoutent des politiques de conformité, des alertes automatiques et des dashboards bien pensés.
Ça rend tout de suite la due diligence plus sereine.
Où les brancher, ces outils ? Partout où le code vit, en fait.
Sur vos repos (vos dépôts de code), bien sûr.
Sur votre pipeline CI (là où votre logiciel est construit, assemblé).
Et n’oubliez pas vos images Docker ! Pourquoi ?
Parce que ces « conteneurs » embarquent des couches système qui, elles aussi, ont leurs propres licences open source.
Un oubli ici, et c’est une faille inattendue. Un vrai coup dur.
Pour garder une trace impeccable, j’ai une petite habitude : je sors systématiquement trois documents essentiels à chaque nouvelle version de votre logiciel.
C’est votre preuve de bonne conduite, si vous voulez.
- Un SBOM signé et horodaté (au format CycloneDX ou SPDX, c’est important). C’est votre liste de courses complète, avec la date et le sceau.
- Un rapport sur les licences. Il doit mentionner le niveau de risque pour chaque licence et vos règles internes d’acceptation. C’est là qu’on voit les copyleft forts et les permissives, comme on en parlait avant.
- Et enfin, un rapport sur les CVE (les vulnérabilités connues). Avec l’état des patchs que vous avez appliqués, et les dates limites pour les autres.
Et comment vous assurez-vous que personne n’ajoute une licence problématique sans que vous le sachiez ?
Installez des « portes de contrôle » – on appelle ça des policy gates – directement dans votre CI.
Imaginez : si une licence GPL (vous savez, celle qui « contamine » le code) est détectée dans le cœur de votre produit, alors le « build » (la construction du logiciel) échoue. Immédiatement.
C’est un stop net. Pas de discussion possible.
Ma méthode, elle est simple. Et croyez-moi, elle est robuste.
Quatre points clés, pour un flux minimal qui sécurise tout.
- Un scan à chaque Pull Request (PR) : pour bloquer les problèmes le plus tôt possible, avant qu’ils n’entrent dans le code principal.
- Un scan nocturne : pour détecter les nouvelles vulnérabilités (CVE) qui apparaissent au jour le jour, même sur du code existant.
- Une signature des artefacts et un build reproductible : pour prouver que ce que vous distribuez correspond exactement à ce que vous avez déclaré. La traçabilité est reine.
- Un diff de SBOM entre les versions : pour voir en un clin d’œil ce qui a été ajouté ou retiré entre deux versions. Et si ces ajouts représentent un risque.
Prenons un cas concret, hein ?
Vous êtes CTO d’une boîte de SaaS B2B. Disons que vous avez deux équipes qui bossent sur des produits différents.
L’enjeu, c’est votre propriété intellectuelle, votre code. Et évidemment, vous préparez une levée de fonds ou même une cession d’entreprise.
Vous allez mettre en place Syft dans vos GitHub Actions. À chaque fois qu’un développeur fusionne son code (on dit « merge »), un SBOM est automatiquement généré. Il est stocké, bien au chaud, dans un coin sécurisé.
Ensuite, Snyk entre en jeu. Il va lire ce SBOM, et appliquer toutes les règles de conformité que vous avez définies.
Par exemple : AGPL interdite dans le « backend » (la partie serveur de votre application). Ou une alerte si une LGPL est utilisée en lien statique (on en a parlé, ces licences peuvent être piégeuses).
Si une de ces règles est brisée, Snyk crée un ticket d’alerte, comme une alarme.
Le jour où votre auditeur M&A arrive pour la due diligence ? Il n’a plus qu’à ouvrir le tableau de bord de Snyk. Tout est là. Preuves irréfutables, claires comme de l’eau de roche.
C’est ça, avoir la maîtrise de votre code. La sérénité, en somme. Et ça, ça n’a pas de prix.
Et une petite astuce, pour finir, qui peut vous faire gagner un temps fou : ajoutez un fichier « OPEN_SOURCE_NOTICES » directement dans vos « artefacts » (les éléments finaux de votre logiciel).
Ce fichier, il contient toutes les licences, les attributions, et les sources requises.
Le jour où l’on vous demande des comptes, vous avez la preuve de votre conformité en une seule pièce jointe.
Un geste simple, mais qui montre un vrai professionnalisme. Et qui rassure énormément. Vous voyez le gain ?
Appliquer la due diligence open source dans les opérations de M&A et levée de fonds

Alors, quelle est la véritable répercussion si vous ne maîtrisez pas parfaitement vos licences open source au moment crucial d’une transaction ?
La réponse est nette, sans appel : une dévalorisation immédiate de votre entreprise.
Ça peut même aller jusqu’à la suspension du deal, ou des clauses de garantie qui alourdissent drôlement le fardeau après la vente.
Quand vous êtes en plein processus de M&A ou de levée de fonds, l’acheteur ou l’investisseur, lui, cherche une seule chose : la prévisibilité.
Zéro surprise.
Un doute, même infime, sur une licence GPL ou AGPL – ces fameuses licences « virales » dont nous parlions plus tôt – placée au mauvais endroit de votre code, et la perception du risque grimpe en flèche.
Votre valorisation, elle, fait l’inverse. Elle chute. Et vite.
Je vois ça très souvent.
Des éditeurs SaaS, prêts à vendre, qui découvrent à l’approche du deal qu’un module clé de leur cœur de métier utilise une bibliothèque sous AGPL, accessible via une API.
Le conseiller juridique de l’acheteur l’estime un risque d’ouverture forcée de code.
C’est un blocage net. Tout s’arrête.
Alors, comment éviter ce genre de mur ?
C’est simple, mais ça demande de l’anticipation : vous intégrez la due diligence open source très tôt dans le calendrier transactionnel.
Idéalement, avant même la Lettre d’Intention (LOI).
Au plus tard, avant d’ouvrir la data room (la salle où tous vos documents sont partagés).
Votre objectif est clair : livrer des preuves irréfutables.
Pas juste des promesses ou des explications vagues.
C’est ça, le secret pour réellement rassurer un investisseur ou un acquéreur.
Vous leur montrez que vous maîtrisez votre sujet.
Voici une petite action express, à mettre en œuvre cette semaine, pour poser des bases solides :
- Figez un SBOM (votre « Software Bill of Materials », la liste de tous vos composants) signé, pour la toute dernière version de votre logiciel.
- Classez chaque licence : est-ce un copyleft fort, un copyleft faible, ou une licence permissive ?
- Documentez précisément comment chaque composant est « lié » (statique, dynamique, API) et comment il est « distribué » (en SaaS, on-premise, etc.).
- Ajoutez un fichier « OPEN_SOURCE_NOTICES » directement dans les artefacts de votre logiciel. C’est une preuve concrète.
- Préparez un plan de remédiation daté pour chaque alerte que vous avez pu identifier.
Imaginez un instant : vous êtes dirigeant d’une scale-up B2B en pleine préparation d’un tour de table en Série B.
Et votre moteur de pricing, le cœur de votre proposition de valeur, utilise une bibliothèque sous GPLv3 avec un lien statique.
Le fonds d’investissement perçoit un risque énorme : la publication forcée d’une partie essentielle de votre code.
Le résultat ? Une grosse décote sur la valorisation.
Le coup de maître, le « move gagnant » dans ce genre de situation, ce serait de :
- Remplacer cette bibliothèque par un équivalent sous licence MIT dans les 10 jours. Vite et bien.
- Pendant cette transition, isoler le module problématique en un service séparé. C’est une barrière protectrice.
- Et bien sûr, fournir toutes les preuves : les logs de votre CI (intégration continue) et un « diff SBOM » (la différence entre les SBOM avant et après le changement).
Le dénouement habituel dans un comité d’investissement ?
Le risque perçu passe de « élevé » à « contrôlé ».
La term sheet (les conditions d’investissement) tient bon.
C’est ça, la puissance de l’anticipation.
Côté M&A, le timing est encore plus critique.
Pendant les phases de questions-réponses (Q&A), on ne vous demandera pas des explications verbeuses.
On voudra des preuves concrètes de conformité.
Alors, anticipez les questions sensibles avec des réponses précises, courtes, presque chirurgicales :
Question : « Le backend contient-il des composants AGPL exposés sur le réseau ? »
Réponse : « Non. Nous l’avons vérifié via le SBOM du 12/01, des scans réguliers des Pull Requests, et une politique de rejet automatique de ces licences. »
Question : « Y a-t-il des licences GPL avec un lien statique dans le code propriétaire ? »
Réponse : « Une seule occurrence a été identifiée et remplacée le 05/02. Les Pull Requests, les logs de build et les hashs correspondants sont en annexe. »
En vérité, l’ensemble de cette démarche repose sur trois piliers fondamentaux : la visibilité sur votre code, la traçabilité impeccable de chaque modification, et une remédiation rapide quand un problème apparaît.
Vous démontrez ainsi que vous savez où sont les risques, que vous les mesurez avec précision, et que vous êtes capable de les corriger sans tarder.
Un dernier conseil de terrain, pour vraiment asseoir votre crédibilité : nommez un « owner » interne, une personne dédiée à ce sujet.
Cette personne sera responsable de la gestion de vos politiques open source, signera le SBOM, et répondra aux auditeurs.
Un seul interlocuteur, des réponses claires et nettes.
Croyez-moi, rien ne rassure plus dans une transaction délicate.
FAQ
Q: Qu’est-ce que la due diligence juridique ?
Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). La due diligence juridique vérifie risques et conformités avant une transaction. Pour l’open source, elle cartographie les composants, licences, obligations et écarts qui peuvent bloquer M&A ou levée.
Q: Quels sont les 4 P de la diligence raisonnable ?
Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Les 4 P courants: People (équipe et pratiques), Processes (méthodes et contrôles), Products (code, dépendances, sécurité), Paperwork (contrats, licences, preuves). Ensemble, ils réduisent les surprises en transaction.
Q: L’open source signifie-t-il absence de licence ?
Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Non. L’open source a toujours une licence. Elle fixe droits et obligations: copyleft (ex: GPL, partage à l’identique) ou permissive (MIT, Apache, plus souple). Sans licence, usage juridiquement risqué.
Q: Quelle est la différence entre licences copyleft et permissives ?
Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Copyleft impose la redistribution du code dérivé sous la même licence, effet “viral”. Permissives autorisent l’intégration propriétaire avec attribution. En M&A, le copyleft non maîtrisé peut faire capoter l’opération.
Q: Quel est le meilleur antivirus open source ?
Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Il n’y a pas “le” meilleur, mais ClamAV est la référence serveur/CI. Évaluez portée, mises à jour, intégration DevOps, licence, communauté. Testez en sandbox et suivez les signatures quotidiennement.
Conclusion
Alors, où en sommes-nous ?
Vous avez pu voir les vrais soucis avec les licences open source, celles dites copyleft ou même les plus permissives.
On a parlé de cet effet un peu « viral » qui peut toucher votre code.
Et, je parie que vous l’avez bien compris, une simple non-conformité peut faire capoter un gros deal.
Mais au-delà des risques, vous avez maintenant une feuille de route, une méthode claire, n’est-ce pas ?
On a balayé les étapes :
- Faire un inventaire précis.
- Analyser ça en profondeur.
- Mettre le tout en conformité.
- Et enfin, rédiger ce fameux rapport.
Vous avez aussi votre checklist de terrain et quelques outils pour scanner rapidement.
C’est ça qui compte, vraiment.
Le point à retenir, le vrai cœur du sujet : sans une bonne traçabilité des composants et des règles d’intégration open source bien définies, votre valorisation, celle de votre entreprise, elle risque de devenir bien fragile.
C’est logique, non ? Imaginez un peu la tête de l’acheteur.
Avec une due diligence juridique open source faite dans les règles de l’art, vous mettez toutes les chances de votre côté.
Que ce soit pour une opération de M&A, ou pour une levée de fonds, vous sécurisez tout.
C’est la garantie d’une transaction sereine.
Mon conseil ? Avancez par petites étapes.
Documentez chaque détail. Et surtout, automatisez ce que vous pouvez.
Vous allez ainsi protéger votre propriété intellectuelle.
Et vous gagnerez une sacrée crédibilité aux yeux de vos partenaires ou investisseurs.
Le résultat ? Des transactions bien plus fluides, plus solides.
Et une issue vraiment positive pour tout le monde.
C’est ça, la vraie victoire.







