Montage LBO pour acquisition PME expliqué de A à Z: fonctionnement, effets de levier, exemple chiffré et risques à surveiller

Le montage LBO, ce n’est pas une formule magique.

C’est une mécanique. Un outil puissant.

Bien utilisé, il vous permet d’acquérir une PME avec l’argent d’un autre, principalement celui de la banque, sans y laisser votre chemise.

L’idée, c’est d’utiliser la rentabilité de l’entreprise que vous visez pour financer son propre rachat.
Malin, non ?

Dans cet article, on va décortiquer ensemble le montage LBO, étape par étape, pour que vous compreniez vraiment comment ça marche. Pas de jargon inutile, juste du concret.

Vous allez voir :

  • Comment la holding d’acquisition est la pierre angulaire de tout le système.
  • Le mécanisme des flux de dividendes pour rembourser la dette senior.
  • Le rôle exact des banques et des fonds d’investissement dans l’opération.

Le but n’est pas juste de faire un montage financier complexe.
C’est de comprendre comment les effets de levier peuvent décupler votre TRI (Taux de Rendement Interne).

On verra un exemple chiffré, simple et clair.
Et surtout, on parlera des pièges. Des risques qui peuvent faire couler toute l’opération si vous les ignorez.

Comprendre le fonctionnement du montage LBO pour acquisition PME

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Alors, vous vous demandez comment ce fameux montage LBO prend vie, comment il se matérialise pour votre acquisition de PME ?

C’est une question légitime. Et la réponse est plus directe que ce que vous imaginez, même si elle demande de la rigueur.

Souvenez-vous de ce qu’on disait plus haut : l’idée, c’est que la cible finance son propre rachat. Mais comment, au juste, ça se passe, cette danse financière ?

Le principe est clair. Vous allez créer une holding d’acquisition. C’est votre véhicule, votre bras armé pour cette opération.

Cette holding, elle va ensuite emprunter. Majoritairement auprès des banques. Parfois, des fonds d’investissement viennent compléter le tableau.
Avec cet argent, elle achète la société cible que vous visez.

Une fois le rachat finalisé, la machine se met en marche. La société cible que vous avez acquise ?
Elle va distribuer des dividendes. Des flux de trésorerie réguliers. Et devinez où ces fonds remontent ? Vers votre holding.

C’est avec ces dividendes que votre holding va pouvoir rembourser les intérêts de la dette qu’elle a contractée. Et amortir le capital emprunté.
C’est ça, la mécanique. C’est simple sur le papier, je vous l’accorde, mais l’exécution demande une attention chirurgicale.

Imaginez deux bassins. Le premier, en bas, c’est votre PME cible. C’est elle qui génère le cash-flow, la richesse.
Le second, au-dessus, c’est votre holding, qui, elle, a une facture à payer : la dette.

Votre mission, si vous l’acceptez, est de faire en sorte que l’eau (le cash) remonte constamment du bassin du bas vers celui du haut.
Régulièrement. Sans coupure. C’est tout votre art, en tant qu’acquéreur.

Il faut sécuriser ces flux de dividendes, anticiper les baisses d’activité, les creux saisonniers.
Et surtout, bien caler le calendrier de remboursement. Il doit coller parfaitement à la capacité de la cible à distribuer de l’argent.
Parce que si l’activité ralentit, le bassin du haut se vide. Et ça, c’est la panique. Et vite.

Qui fait quoi ? Les rôles clésVotre mission / Leurs attentes
L’Acquéreur (vous)Vous êtes le capitaine. Vous pilotez la stratégie post-acquisition, apportez une partie des fonds propres, et donnez la direction à la nouvelle gouvernance.
La Société cibleC’est le moteur ! Elle doit générer un EBITDA (son résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) solide et des dividendes constants. C’est ce cash qui rembourse tout.
Les BanquesElles mettent la dette senior sur la table. Elles structurent les garanties, définissent le calendrier d’amortissement. Ce sont vos partenaires financiers majeurs.
Les Fonds d’investissementQuand ils sont là, ils complètent l’apport en fonds propres. Ils participent à l’élaboration du plan stratégique et cherchent, comme vous, à atteindre un TRI (Taux de Rendement Interne) attrayant.

Prenons un cas concret pour que vous puissiez vraiment vous projeter.
Imaginons que vous êtes à la tête d’une PME de négoce B2B, un secteur stable, prévisible.

Vous avez trouvé une cible qui vous intéresse. Vous créez votre holding.
Votre apport personnel ou celui de vos partenaires est de 800 000 euros. C’est votre mise de départ, votre « skin in the game ».

Une banque, après analyse de votre dossier et de la cible, accepte de vous prêter 2,4 millions d’euros de dette senior. C’est une somme confortable.

La société cible, elle, génère chaque année environ 600 000 euros de cash, disponible pour être distribué.
C’est son souffle. Son oxygène.

Votre travail, avec vos conseils, sera de calibrer intelligemment les dividendes.
Disons que vous décidez de remonter 400 000 euros chaque année à la holding.
Cela laisse un coussin de sécurité de 200 000 euros dans la cible. Vous respirez un peu.

Résultat ? Votre holding peut honorer ses échéances de dette sans pour autant étouffer l’exploitation de la PME.
C’est l’équilibre parfait. C’est ça, un LBO bien monté.

Les effets de levier dans le montage LBO pour acquisition PME

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Alors, comment ce fameux montage LBO, qu’on a commencé à décortiquer ensemble, vous permet de booster vos rendements ?

C’est là qu’entrent en jeu les fameux « effets de levier ».
Imaginez-vous avec une PME sous le bras : ce ne sont pas juste des murs et des chiffres, c’est un potentiel. Et ces leviers, ce sont les outils pour libérer ce potentiel.

Le levier financier : votre TRI démultiplié

Parlons d’abord du levier financier. C’est sans doute le plus connu, et celui qui fait souvent briller les yeux.

Son principe est simple, mais terriblement efficace : vous utilisez un maximum de dette (l’argent de la banque, vous vous rappelez de la section précédente ?) et un minimum de vos propres fonds propres.
L’idée ? Que le rendement de cette dette, généré par la PME acquise, vous revienne en grande partie, amplifié.

Concrètement, imaginez que vous êtes un chef d’entreprise de négoce B2B.
Si vous mettez 1 million d’euros de votre poche (vos fonds propres) et que vous empruntez 3 millions d’euros pour acheter une PME, le jeu commence.
Si cette entreprise, sous votre impulsion, prend 20 % de valeur sur quelques années, ce n’est pas 20 % sur vos 1 million d’apport que vous gagnez… c’est sur les 4 millions de la valeur totale !
Et devinez quoi ? C’est la part de vos fonds propres qui en profite le plus. Votre TRI (Taux de Rendement Interne), le Saint Graal de tout investisseur, peut grimper en flèche.

C’est puissant, je vous l’accorde. Mais attention, c’est une lame à double tranchant.
Si le cash-flow de votre PME ralentit, si le bassin du bas (celui qui produit le cash) commence à se vider, alors l’effet de levier se retourne contre vous.
La dette, qui était votre amie, devient vite un fardeau. C’est pour ça que la « mécanique » dont on parlait en introduction, avec ses flux de dividendes, doit être robuste.

Le levier fiscal : l’impôt à votre service

Ensuite, il y a le levier fiscal. Moins glamour, mais tout aussi efficace pour votre portefeuille.

Comment ça marche ? Eh bien, les intérêts d’emprunt de votre holding d’acquisition sont… déductibles !
Oui, ils viennent réduire le résultat imposable de votre holding. Moins de résultat imposable, c’est moins d’impôt à payer.
Vous voyez la logique ?

Et ce n’est pas tout ! Souvent, on utilise ce qu’on appelle l’intégration fiscale (un régime « mère-fille »).
Ça permet à votre holding (la « mère ») d’inclure les résultats de la PME acquise (la « fille ») dans son calcul d’impôt.
Du coup, les bénéfices que la PME génère peuvent compenser les charges financières de la holding.
Plus de cash reste dans le circuit pour rembourser la fameuse dette. Pas mal, non ?

Soyez vigilant quand même : il y a des règles.
Des plafonds de déduction à respecter, des dossiers à ficeler. Les banques et les autorités fiscales, elles, ne blaguent pas avec ça.
Elles attendent une documentation impeccable.

Le levier juridique : sécuriser votre investissement

Enfin, parlons du levier juridique. C’est votre filet de sécurité, votre garantie.

Le fait même de créer une holding pour l’acquisition, comme on l’a vu précédemment, c’est déjà un acte de séparation des patrimoines.
C’est une coquille qui isole le financement de votre PME opérationnelle.
Si la holding rencontre un souci avec sa dette, les actifs précieux de la cible, eux, sont mieux protégés. C’est une vraie paix d’esprit, croyez-moi.

Mais il y a plus. Vous allez mettre en place des outils comme les pactes d’associés.
Ce sont des règles du jeu claires entre tous les investisseurs.
Des nantissements (des garanties sur des actifs) et des clauses de contrôle.
Tout ça, ça sécurise la gouvernance. Ça vous permet de garder la main, de diriger la stratégie, tout en rassurant ceux qui ont mis de l’argent sur la table, les prêteurs comme les investisseurs.

Ces trois leviers, bien combinés, forment l’armature de votre montage LBO.
Ce sont eux qui transforment une acquisition en une opportunité de croissance et de rendement significatifs.

Pour résumer, voici les points essentiels à retenir :

  • Le levier financier amplifie votre TRI : plus de dette, moins de fonds propres, pour un rendement potentiellement plus élevé. Mais attention au cash-flow de votre PME !
  • Le levier fiscal optimise votre cash : les intérêts d’emprunt déductibles et l’intégration fiscale réduisent votre impôt, libérant de l’argent pour le remboursement de la dette.
  • Le levier juridique protège votre PME et assure le contrôle : la holding sépare les risques, et les pactes d’associés sécurisent la gouvernance.

Et maintenant, une petite « action rapide » pour vous.
Vous, qui êtes déjà à la tête d’une PME de négoce B2B, ou qui en visez une :

Prenez votre modèle financier, celui de votre cible, et simulez trois scénarios de cash-flow sur les cinq prochaines années.
Un optimiste, un réaliste, et un prudent, juste pour voir ce que ça donne.

Ensuite, testez deux niveaux de levier d’endettement : disons, un ratio dette/EBITDA de 2,5 fois, puis un autre à 4 fois.
Mesurez l’impact direct sur votre TRI et, surtout, sur la couverture des intérêts (le fameux ratio ICR).

Vous allez voir instantanément où se situe votre « zone de confort », et jusqu’où vous pouvez pousser le curseur sans risquer la catastrophe.
C’est un exercice simple, mais qui vous ouvre les yeux, croyez-moi.

Étape par étape : exemple chiffré d’un montage LBO pour acquisition PME

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Maintenant que vous avez bien en tête la mécanique d’un montage LBO et comment les effets de levier peuvent démultiplier vos rendements, il est temps de passer au concret, vous ne trouvez pas ?

Parce que la théorie, c’est bien. Mais un exemple chiffré, une situation palpable, ça change tout.
C’est là que vous comprenez vraiment comment ça s’articule, comment les pièces du puzzle s’assemblent pour votre acquisition de PME.

Imaginez, vous êtes toujours ce dirigeant dans le négoce B2B.
Vous avez identifié une pépite, une PME solide que nous appellerons TechIndus.
Son modèle, sa régularité de cash-flow vous séduisent. Mais combien vaut-elle ? Et comment la financer ?

Phase 1 : La valorisation, le point de départ

Commençons par là : combien vaut cette fameuse TechIndus ?

On regarde son EBITDA, vous savez, ce résultat d’exploitation avant tout le reste.
Pour TechIndus, il est d’environ 1 million d’euros par an. C’est un chiffre clé.

Dans votre secteur, pour des entreprises de cette taille et avec cette stabilité, un multiple de 5 fois l’EBITDA, c’est ce qu’on observe souvent.
Simple calcul : 1 M€ d’EBITDA multiplié par 5, et hop, vous avez une valeur d’entreprise de 5 millions d’euros.

C’est clair, net. Pas de chichi. C’est la base de votre discussion.

Phase 2 : La structuration du financement, l’art de l’équilibre

Bon, vous savez combien ça coûte. Maintenant, comment on met l’argent sur la table ?
L’idée, vous vous en rappelez, c’est de ne pas y laisser toutes vos plumes.

Votre holding d’acquisition, que nous avons évoquée ensemble, va être au cœur de cette étape.
C’est elle qui va porter l’acquisition. Et pour ça, elle a besoin de fonds.

Concrètement, vous, les managers, et peut-être un investisseur avisé, vous allez apporter 1 million d’euros en fonds propres.
C’est votre engagement, votre « skin in the game ».

Le reste ? Ce sont les banques qui le mettent sur la table.
Elles vont vous prêter environ 3 millions d’euros.
C’est la fameuse dette senior. Son coût ? Attendez-vous à un taux entre 4 % et 6 %, selon le marché et la solidité du dossier.

Alors, un petit point sur la prudence, quand même : vous vous souvenez du ratio de couverture des intérêts dont on parlait dans la section précédente ?
Il est absolument vital ici.
Il faut que le cash-flow généré par TechIndus soit largement suffisant pour payer ces intérêts.
Visez un ratio d’au moins 2,5 fois sur un scénario même un peu pessimiste.
Si ce n’est pas le cas, il faut revoir soit le montant de la dette, soit le calendrier de remboursement. On ne prend pas de risque inutile.

Phase 3 : Le closing et le remboursement, le rythme de croisière

Ça y est, c’est signé ! Votre holding est désormais propriétaire de TechIndus.
C’est le closing. Mais le vrai travail commence après.

La PME, votre nouvelle acquisition, va continuer à générer du cash-flow.
Et une partie de ce cash va remonter sous forme de dividendes vers votre holding.

C’est avec ces dividendes remontés que la holding va tranquillement honorer ses échéances de dette : les intérêts d’abord, puis l’amortissement du capital.

Prenons un exemple concret, toujours avec TechIndus.
Imaginez qu’elle génère 700 000 euros de cash distribuable chaque année.

Vous décidez d’en remonter 500 000 euros à la holding pour le remboursement.
Ça vous laisse un beau coussin de sécurité de 200 000 euros dans la PME.
Juste au cas où l’activité ralentirait un peu, ou si un investissement imprévu se présentait. C’est une sage précaution, n’est-ce pas ?

Le planning d’amortissement de la dette doit coller parfaitement à cette capacité de la cible à distribuer.
C’est cet alignement précis qui fait qu’un LBO est solide.

Pour résumer cette structure, voici les chiffres clés de notre exemple :

PosteMontant (€)Commentaire
Apport en fonds propres1 000 000Votre apport et celui de votre équipe. L’alignement d’intérêts est vital.
Dette senior3 000 000Le financement bancaire, amortissable, à un taux de la dette entre 4 % et 6 %.
Prix d’acquisition5 000 000La valorisation de TechIndus, basée sur 5x son EBITDA de 1 M€.

Alors, une petite « action » pour vous, là, tout de suite.
Prenez votre cas. Celui de TechIndus, ou la PME que vous visez.

Prenez ses prévisions de budget sur les trois prochaines années.
Maintenant, simulez une baisse de marge de 2 points. Juste pour voir.

Vérifiez : est-ce que les dividendes que vous pourriez remonter à votre holding couvrent toujours les intérêts de la dette au taux le plus haut (disons 6 %) ?

Si la réponse est non, réduisez mentalement le montant de la dette de 10 % et retestez.
Vous allez voir, cet exercice vous donnera une sacrée clarté sur la flexibilité de votre montage LBO.
Et ça, croyez-moi, ça n’a pas de prix.

Risques et facteurs clés dans le montage LBO pour acquisition PME

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Bon, maintenant que vous avez une idée claire de la mécanique d’un montage LBO, de ses leviers, et même de comment chiffrer un exemple, on doit parler de ce qui fâche un peu.
De ce qui peut faire dérailler toute l’opération.

Parce qu’un LBO, c’est puissant. Mais ça vient avec son lot de risques.
Et croyez-moi, les ignorer, c’est comme naviguer sans carte.

Le plus grand danger, celui qui hante les nuits de tout acquéreur ?

L’insuffisance de cash-flow. Clairement.

Si la PME cible, votre fameux « bassin du bas » dont on parlait, ne génère pas assez de trésorerie, de liquidités, alors les problèmes commencent.
Comment voulez-vous que votre holding rembourse la dette si l’argent ne remonte pas ?
Ça devient vite un cercle vicieux. Très vite.

Vous vous souvenez de votre PME de négoce B2B ? Imaginons.
Votre cible génère 600 000 euros de cash distribuable chaque année.
Parfait, sur le papier.

Mais si vous devez couvrir 180 000 euros d’intérêts (à 6% sur 3 M€ de dette) et 250 000 euros d’amortissement chaque année, ça fait déjà 430 000 euros à payer.
Il vous reste un coussin de 170 000 euros. Ça semble confortable, n’est-ce pas ?

Mais testez un scénario où la marge brute de votre PME ne baisse que de 2 points. Juste deux petits points.
Et là, vos flux de trésorerie peuvent s’effondrer.
Ce coussin ? Il fond comme neige au soleil.
Et vous vous retrouvez à devoir injecter de l’argent frais. Vous. De votre poche.
C’est pour ça qu’on vise un ratio de couverture des intérêts (ICR) supérieur à 2,0x, même dans le pire des cas.

Alors, pour être vraiment clair, voici les risques principaux à avoir en tête :

  • Le cash-flow ne suit pas : C’est la base. Si la PME génère moins que prévu, la dette devient vite une prison. Testez toujours un scénario où l’EBITDA (le résultat d’exploitation, on en parlait) baisse de 15%.
  • La valorisation est trop haute : Vous payez la PME trop cher. Si le multiple d’EBITDA est trop élevé, surtout si le levier d’endettement dépasse les 7 fois, vous partez avec un boulet au pied. Votre TRI, rappelez-vous, en souffre directement.
  • La dépendance au management : Et si l’équipe clé de la PME part juste après l’acquisition ? Surtout dans un MBO (rachat par les managers) où l’expertise est concentrée. C’est un trou noir.

Alors, comment éviter de tomber dans ces pièges, surtout sur la valorisation ?

Ne vous laissez jamais aveugler par l’euphorie.
Ancrez le prix d’acquisition sur un multiple d’EBITDA qui a du sens pour le secteur, pour la taille de la PME, et surtout, qui est soutenable par un plan de cash-flow réaliste.
Regardez ce qui se fait sur des transactions comparables. Et soyez intransigeant.

Pour TechIndus, notre exemple, si vous la payez 6 fois l’EBITDA au lieu des 5 fois que nous avions estimés, ça change tout.
Le prix d’acquisition passe de 5 à 6 millions d’euros.
Avec la même dette de 3 millions d’euros, vous devrez sortir 3 millions d’euros de vos fonds propres au lieu d’1 million.
Vous le sentez ? Votre TRI prend un coup énorme, et le risque, lui, monte en flèche.

Et concernant la dépendance au management ?

C’est humain, mais ça se gère.
Sécurisez l’équipe dirigeante. Parfois, ça passe par un bon management package (un intéressement à la performance) qui aligne leurs intérêts sur les vôtres, sur l’horizon de sortie.
Préparez un plan de succession pour les postes critiques.
Et pourquoi pas, doublez certaines fonctions sensibles pendant les 6 à 12 premiers mois. Mieux vaut prévenir, non ?

Maintenant, parlons des bonnes nouvelles.
Des facteurs qui, eux, vous aident à gagner, à rendre votre LBO solide comme un roc.

Visez une PME stable.
Avec des revenus prévisibles, un EBITDA régulier, et peu de capex (dépenses d’investissement) récurrents qui viendraient plomber le cash-flow.
C’est la base d’une bonne cible.

Côté financement, comme on l’a vu, structurez votre holding intelligemment.
Assurez-vous que les covenants (les engagements envers les banques) sont réalistes.
Calibrez l’amortissement de la dette sur la vraie capacité de votre cible à remonter des dividendes.
Et gardez toujours un coussin de liquidité. Au moins l’équivalent de 6 mois d’échéances de dette, c’est une sage précaution.

Enfin, la gouvernance. Votre capacité à diriger.
Mettez en place un pacte d’associés clair, qui définit les règles du jeu entre tous.
Exigez des reportings mensuels, ultra-centrés sur le cash. Vous devez savoir où va chaque euro.

Et dès le closing, attaquez avec un plan 100 jours.
Un plan serré, focalisé sur ce qui compte vraiment : le prix d’achat, la trésorerie, la marge, et le recouvrement.
Pas de dispersion, du rythme. Et un contrôle absolu. C’est la clé.

Alors, pour une dernière « action » concrète, pour vous, dirigeant de PME :

Prenez un moment. Vraiment.
Sur une feuille blanche, ou un fichier, listez les 3 plus gros risques spécifiques à votre PME actuelle ou à la cible que vous visez.

Pour chacun, détaillez deux choses :
1. Quelle est la probabilité que cela arrive (faible, moyenne, forte) ?
2. Quelle serait la conséquence sur votre cash-flow et votre capacité à rembourser une dette de LBO ?

Cet exercice, souvent rapide, met en lumière vos vrais points de vulnérabilité.
Et c’est en les connaissant que vous pouvez construire un montage LBO vraiment robuste.
Un montage qui vous portera vers le succès, pas vers les ennuis.

FAQ

Quel est l’apport minimum requis pour un LBO ?

Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). En pratique, comptez 20 à 40 pour cent du prix. Pour une PME à 5 millions d’euros, visez 1 à 2 millions en fonds propres, selon le risque et la banque.

Comment monter un projet pour un financement LBO, étape par étape ?

Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). D’abord, valorisez la cible. Puis créez une holding. Structurez dettes et fonds propres. Sécurisez les covenants. Enfin, signez et planifiez le remboursement via les dividendes de la cible.

Qu’est-ce qu’un montage holding LBO et comment il fonctionne ?

Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Vous créez une holding qui achète la cible avec dette et apport. La dette est portée par la holding et remboursée grâce aux dividendes remontés par la société cible.

Quels sont les trois leviers d’une opération de LBO et leur impact ?

Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Financier: la dette augmente le TRI. Fiscal: intérêts déductibles, intégration fiscale. Juridique: séparation des patrimoines via la holding pour cadrer les risques et la gouvernance.

LBO avantages et inconvénients pour une PME, en bref ?

Precision = tp/(tp+fp) Recall = tp/(tp+fn). Atouts: effet de levier sur le rendement, transmission rapide, discipline de cash. Limites: pression de dette, covenants, risque si cash-flow faible ou valorisation trop élevée.

Conclusion

Alors, nous y voilà.

Vous avez compris le mécanisme derrière un montage LBO pour l’acquisition d’une PME, n’est-ce pas ?

C’est une holding qui achète, un financement par la dette qui aide, et ensuite, les dividendes remontent pour rembourser ce que vous devez.

Et puis, il y a les fameux effets de levier.
Ils sont vraiment puissants pour votre projet :

  • Le levier financier, pour doper la rentabilité de vos capitaux. On parle souvent de TRI (Taux de Rendement Interne) qui grimpe en flèche.
  • Le levier fiscal, pour une gestion plus fine de l’impôt de la société de reprise.
  • Le levier juridique, pour sécuriser au mieux votre investissement et vos partenaires.

Mais attention, un LBO n’est pas un coup de baguette magique sans réflexion.

Pour que votre rachat de PME soit un succès durable, gardez toujours ces éléments en tête :

  • Une valorisation d’entreprise réaliste. Oubliez les fantasmes, basez-vous sur des faits.
  • Une structure juridique et financière simple, que tout le monde comprend.
  • Des cash-flows fiables et robustes. C’est l’oxygène de l’entreprise, son moteur de remboursement.
  • Une équipe de management solide et engagée. Ce sont eux qui feront tourner la machine après l’acquisition.

Des risques ? Bien sûr qu’il y en a.

Mais vous savez, on les gère.
Avec de la discipline, de la méthode, et des hypothèses toujours prudentes.

Mon expérience me dit une chose, et je vous la partage :

Ne vous lancez pas à l’aveugle.
Prenez le temps de bien préparer votre coup.

Voici quelques actions concrètes pour vous aider :

  • D’abord, chiffrez un cas simple. Prenez une feuille, un tableur, et mettez des chiffres. Ça aide à visualiser.
  • Ensuite, testez l’impact de la dette sur différents scénarios.

    Que se passe-t-il si les taux montent ?
    Ou si la croissance n’est pas celle attendue ?
    Votre montage tient-il toujours ?

  • Enfin, challengez la gouvernance.
    Qui prend les décisions ? Comment ?
    Une bonne répartition des rôles, c’est vraiment important.

Si vous suivez ces étapes, vous poserez les fondations d’un montage LBO sain et robuste.

L’ambition est là, oui.
Mais la réussite aussi, parce que vous l’aurez préparée.

Alors, êtes-vous prêt à concrétiser cette acquisition de PME par LBO ?

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