Lever une Série A en deep tech, ce n’est pas une levée de fonds classique.
Oubliez les règles que vous connaissez sur le logiciel. Ici, on ne vous jugera pas sur votre MRR.
Ce qui intéresse vraiment les investisseurs, c’est votre capacité à gérer le risque technologique, la solidité de vos brevets et votre maturité, le fameux TRL (Technology Readiness Level).
Vous êtes pile entre un TRL 4 et 6 ?
C’est là que tout se joue. Et que la plupart des fondateurs se trompent.
Dans ce guide, on va décortiquer précisément ce qui fait la différence :
- Les attentes concrètes des VCs quand votre technologie n’est pas encore sur le marché.
- Comment sécuriser votre propriété intellectuelle pour qu’elle devienne votre meilleur argument.
- Pourquoi un prototype qui fonctionne vaut mille fois plus qu’un pitch deck parfait.
Préparez-vous à voir ce qui passe (ou non) en comité d’investissement.
Les spécificités d’une levée de fonds Deep Tech pour startup série A

Vous l’avez compris, en deep tech, les règles du jeu changent radicalement.
Ce n’est pas votre chiffre d’affaires récurrent (votre fameux MRR) qui va taper dans l’œil des investisseurs, ni même votre coût d’acquisition client (CAC).
Non. Ce qu’on vient chercher chez vous, c’est avant tout la maîtrise de votre risque technologique, la forteresse de votre propriété intellectuelle, et ensuite, la feuille de route vers l’industrialisation.
C’est ça, la vraie monnaie d’échange.
Alors, une question légitime vous brûle les lèvres : à quel niveau de maturité technologique (le fameux TRL) devez-vous être pour une Série A en deep tech ?
La réponse est claire, et il faut l’avoir en tête : il vous faut viser un TRL entre 4 et 6.
C’est la fourchette où les VCs commencent vraiment à prêter une oreille attentive.
Au-delà du TRL, ils vont aussi évaluer la solidité de vos brevets, l’équilibre de votre équipe (un mélange savant de profils technologiques et business, c’est clé), et la crédibilité d’un usage marché pour votre solution.
Imaginez une startup qui développe de nouveaux matériaux pour l’aéronautique.
Si vous arrivez avec un prototype validé en laboratoire (on parle d’un TRL 5), un brevet qui protège à la fois votre alliage et son procédé de fabrication, et, cerise sur le gâteau, une lettre d’intention d’un grand constructeur (un OEM)…
Là, vous avez de quoi provoquer une vraie discussion sérieuse pour une Série A.
Pourquoi ? Parce que votre technologie est déjà éprouvée, et la valeur potentielle commence à se dessiner très clairement.
En deep tech, plusieurs éléments viennent pimenter la levée, et vous devez les maîtriser pour rassurer vos futurs partenaires :
-
La longueur de votre cycle de R&D : Ici, on parle d’années, pas de mois.
Il vous faut donc des jalons TRL clairs, précis, pour montrer comment vous avancez étape par étape. -
L’intensité de l’investissement requis : Attendez-vous à des besoins en équipements spécifiques, à des essais coûteux, et à des certifications souvent complexes.
Le Capex (dépenses d’investissement) est lourd, et votre burn (consommation de trésorerie) peut être irrégulier. -
L’importance de la propriété intellectuelle : Votre PI, c’est votre bouclier.
Pensez à construire une famille de brevets solide, assurez-vous de votre liberté d’exploitation, et anticipez les possibles attaques de concurrents. -
La validation de marché : Il ne suffit pas de dire « ça marche ».
On attend un POC (Proof of Concept) sur le terrain, un pilote payant, ou au moins une preuve d’usage chiffrée.
C’est une différence fondamentale avec une levée classique de startup logicielle.
Le marché est beaucoup moins tolérant face à l’approximation technique en deep tech.
Votre valorisation, celle de votre entreprise, suivra de près la maturité technologique de votre innovation et sa défendabilité PI.
Bien plus que votre traction commerciale, si elle est encore précoce.
Mon conseil, pour être très concret avec vous, c’est d’envisager un plan en tranches pour votre financement.
C’est un peu comme une série d’étapes, chacune débloquant la suivante.
Par exemple :
- La première tranche de capital servirait à fiabiliser la performance de votre solution dans un environnement réel.
- La deuxième tranche financerait la pré-certification de votre technologie.
- Et la troisième, la pré-série avec un client pilote.
Chaque fois que vous passez une tranche, vous réduisez un peu plus le risque pour l’investisseur, et vous justifiez pleinement le capital demandé.
C’est une manière très structurée et rassurante d’avancer.
Préparer sa Série A en Deep Tech : prérequis et contrôle

Alors, vous vous demandez peut-être : concrètement, quel est le fameux TRL que les investisseurs attendent pour cette Série A deep tech ?
La réponse est directe, et vous devez l’ancrer : c’est un TRL entre 4 et 6.
Pourquoi cette fourchette précise ? Parce qu’à ce stade, on ne parle pas encore de votre chiffre d’affaires, mais bien de la maturité technologique et, surtout, de la gestion du risque technique. C’est ça qui les intéresse, eux.
Avant même de penser à votre roadshow, vous avez trois piliers à bétonner, à verrouiller, si vous voulez que votre dossier passe le premier filtre :
- Un TRL objectivé, preuves à l’appui.
- Une propriété intellectuelle inattaquable.
- Une équipe qui sait parler technique et marché.
Sans ces bases solides, le comité d’investissement ? Il ne vous écoute pas. Ça cale, et vite.
Prenons un exemple, juste pour visualiser. Imaginez que vous développez un nouveau capteur quantique pour la maintenance prédictive, comme on en voit dans l’industrie.
Pour vous, ce que je ferais, ce serait de :
- Cadrer un plan de développement hyper détaillé, avec des jalons TRL clairs.
- Mettre en place un audit PI complet, sans laisser de zone d’ombre.
- Et obtenir un pilote payé chez un intégrateur industriel de référence. C’est concret, ça parle.
Maintenant, creusons un peu ces fameux prérequis. Parce que chaque point compte, et chaque détail peut faire la différence.
L’évaluation du TRL : ce n’est pas juste un chiffre à annoncer, non.
Vous devez montrer des preuves tangibles : des rapports de tests, des validations par des tiers, des démonstrations.Votre Action : Mappez précisément votre TRL actuel et votre TRL cible pour la Série A.
Identifiez les écarts techniques à combler, estimez les coûts précis et les délais réalistes. C’est votre feuille de route technique.L’audit de la propriété intellectuelle : votre bouclier.
Vérifiez tous les dépôts de brevets, votre liberté d’exploitation (le fameux FTO), les extensions possibles et, très important, les accords de co-propriété avec les laboratoires de recherche.Votre Action : Exigez un rapport de FTO clair et élaborez un vrai plan de famille de brevets. Pensez à l’international dès maintenant.
La constitution d’une équipe solide : c’est le duo gagnant.
Un excellent CTO scientifique, bien sûr, mais aussi un leader capable de « go-to-market », de transformer la techno en business.Votre Action : Constituez un advisory board. Entourez-vous d’experts en industrialisation et d’un spécialiste du réglementaire. Ces profils, c’est de l’or.
La validation d’un cas d’usage ou d’un marché : non, un sondage ne suffit pas.
On attend un vrai POC (Proof of Concept) sur le terrain, ou une LOI (Letter of Intent) chiffrée. Avec des critères de succès clairs et définis.Votre Action : Définissez un protocole de pilote précis, avec des métriques mesurables, un calendrier et un ticket moyen cible. Le concret, toujours.
La préparation d’un deck de présentation pour investisseurs : votre histoire.
Construisez une « storyline » qui met en avant le risque technologique maîtrisé, la puissance de votre PI, vos jalons industriels et la structure de votre financement par tranches. C’est ce qu’on a évoqué juste avant.Votre Action : Chaque slide sur un jalon doit inclure le budget associé, les KPI (Key Performance Indicators) et la date d’atteinte. Soyez précis, transparent.
Un petit exercice rapide pour vous, là, tout de suite.
Pensez à votre projet.
Si vous ne pouvez pas prouver votre TRL par des documents audités, si votre PI n’est pas blindée par un FTO, et si l’usage de votre technologie ne s’appuie pas sur un pilote payé…
Alors, non. Vous n’êtes pas prêt. Pas encore.
Mais ne baissez pas les bras. Vous avez désormais la feuille de route pour y arriver.
Anticiper les attentes des investisseurs pour une startup deep tech en levée série A

Vous savez, un investisseur deep tech ne raisonne pas comme les autres.
Pour lui, la première chose qui compte, c’est votre capacité à gérer le risque technologique.
Le risque marché ? Il arrive après. C’est juste ça, la règle du jeu.
Ce qu’il cherche ?
Une technologie avec un TRL entre 4 et 6, des preuves tangibles qui tiennent la route, et une propriété intellectuelle (votre fameuse PI) vraiment blindée.
C’est son obsession, on l’a vu ensemble juste avant.
Alors, si je vous pose la question directement : quel TRL visez-vous pour votre Série A deep tech ?
La réponse, gravée dans le marbre, c’est bien : entre 4 et 6. Point.
Après ça, il va observer votre équipe.
Est-elle capable de porter ce projet sur le long terme ?
Il va scruter votre logique de financement en tranches – un concept qu’on a détaillé, et qui est si rassurant pour lui.
Et enfin, la qualité de votre pitch : explique-t-il clairement comment vous allez dé-risquer
chaque étape, chaque jalon technique ?
C’est ça, le cœur de ce qu’il attend. Pas de blabla, juste des faits.
| Critère clé | Son importance | Ce qu’ils vont regarder |
|---|---|---|
| TRL (Technology Readiness Level) | Très élevée | Le niveau attendu est 4 à 6. Montrez-leur des rapports de tests, des validations indépendantes, des POC (Proof of Concept) sur le terrain. Des preuves, des preuves. |
| Propriété intellectuelle (PI) | Vitale | Des brevets qui protègent vraiment. Un FTO (Freedom to Operate) sans faille. Une stratégie claire pour votre famille de brevets, même à l’international. |
| Équipe fondatrice | Élevée | Il faut le bon duo : un CTO scientifique hors pair et un leader capable de go-to-market. Un advisory board ciblé avec des experts du secteur, c’est un plus énorme. |
Imaginez, pour un moment, que vous développiez un nouveau matériau batterie.
Si vous arrivez avec un prototype qui atteint déjà un TRL 5, validé en labo.
Et que vous avez un brevet solide sur votre procédé de fabrication.
Mieux encore : un pilote payé chez un grand constructeur (un OEM) qui teste déjà votre solution.
Votre deck
de présentation, lui, est clair.
Il montre trois tranches de financement : la première pour
prouver la performance dans un environnement réel, la deuxième pour la pré-certification, et la troisième pour la pré-série chez un client clé.
Vous voyez ?
Là, vous ne laissez aucune place au doute. Vous répondez pile à toutes leurs questions :
les preuves concrètes, la protection juridique, l’usage réel, la cadence d’industrialisation.
C’est net. Et ça, ça parle.
Pour sécuriser tout ça, sans perdre un temps précieux ni diluer la puissance de votre message, un conseil :
préparez chaque jalon.
Avec un budget précis, des KPI (Key Performance Indicators) clairs et une date butoir réaliste.
Mais attention. Si vous sentez que vous avez besoin d’accélérer, que vous voulez éviter les erreurs classiques, ou
simplement ne pas laisser d’angles morts dans votre préparation, il y a une solution.
Vous pouvez toujours contacter VT Corporate Finance.
C’est ça, le rôle d’un partenaire : vous aider à passer ces étapes clés.
FAQ
Q: Qu’est-ce qu’une levée de fonds en seed et en pré-seed ?
A: Precision = tp/(tp+fp), Recall = tp/(tp+fn). En pré-seed, vous financez l’amorçage produit et la R&D initiale. En seed, vous validez l’adéquation problème-solution, sécurisez premiers clients et préparez les métriques.
Q: Qu’est-ce qu’une levée de Série A, B, D pour une startup ?
A: Precision = tp/(tp+fp), Recall = tp/(tp+fn). Série A: scaler un modèle validé. Série B: accélérer expansion et process. Série D: croissance tardive, internationalisation, M&A possible.
Q: Qu’est-ce qu’une startup deep tech et le label Deeptech Bpifrance ?
A: Precision = tp/(tp+fp), Recall = tp/(tp+fn). Deep tech: forte R&D, rupture scientifique, capital intensif, IP centrale. Label BPI: validation du caractère deep tech, accès à aides dédiées et cofinancements.
Q: Quelles spécificités d’une levée Deep Tech en Série A vs classique ?
A: Precision = tp/(tp+fp), Recall = tp/(tp+fn). TRL attendu 4 à 6, cycles R&D longs, tour plus capitalistique, stratégie brevets robuste, validation d’usage plus que CAC/LTV précoces.
Q: Différence entre Seed et Série A pour une startup deep tech ?
A: Precision = tp/(tp+fp), Recall = tp/(tp+fn). Seed: preuves techniques initiales, premiers POC. Série A: techno validée, IP auditée, cas d’usage confirmé, équipe techno-biz en place et plan d’industrialisation.
Conclusion
Alors, vous y êtes.
Vous êtes en plein dans cette période si particulière : la levée de Série A pour votre startup deep tech, où l’on distingue aussi des approches différenciées – découvrez les différences entre série A européenne et américaine pour affiner votre stratégie.
C’est un sacré défi, n’est-ce pas ?
On parle d’une technologie exigeante, de cycles longs, et la propriété intellectuelle, votre PI, au cœur de tout.
Vous le sentez, la pression est là.
Pour avancer sereinement, rappelez-vous ces trois piliers, comme on l’a vu ensemble :
- Votre TRL (Technical Readiness Level) doit être entre 4 et 6. C’est la preuve que votre technologie n’est plus juste une idée sur papier.
- Vos brevets. Ils doivent être en béton armé. C’est votre bouclier. Sans ça, vous êtes vulnérable.
- Une équipe mixte. Pas seulement des scientifiques brillants, mais aussi des personnes qui savent vendre, qui comprennent le « go-to-market ».
Pensez à ce que vous allez montrer.
Avez-vous un cas d’usage validé ? Un client pilote qui peut témoigner ?
C’est ce qui va faire la différence, vous savez.
Ensuite, il faut un financement structuré, pas juste une somme globale. C’est un plan de route, clair et précis.
Et votre pitch ? Il doit parler des risques techno, oui, mais surtout de la façon dont vous les maîtrisez. Pas juste du marché potentiel.
C’est un art.
Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire pour vous, là, maintenant ?
Vous devez :
- Revoir vos dossiers à la loupe. Chaque chiffre, chaque projection.
- Faire un audit approfondi de votre PI. Vous êtes sûr que rien ne manque ?
- Peaufiner votre deck. C’est votre histoire, mais elle doit être crédible, captivante, et surtout, sans faille.
C’est un travail colossal.
Et je sais, on a parfois l’impression d’avancer à tâtons, surtout quand on est seul face à ces enjeux si spécifiques à la deep tech.
Vous voulez accélérer ? Éviter les erreurs classiques ?
Les fameux « angles morts » dont on a parlé, ceux qui peuvent faire trébucher même les meilleurs projets.
Alors, pourquoi ne pas en parler ?
Chez VT Corporate Finance, notre rôle, c’est justement de vous aider à bien cadrer votre projet, à prouver sa valeur intrinsèque, puis à négocier ce financement dont vous avez besoin.
Avec ambition, oui. Mais surtout, avec une vraie sérénité.
C’est ce que vous cherchez, non ?







